La Folie au siècle classique

A la fin du XVIème début du XVIIème siècle l’Édit de Nantes est proclamé. On est libre de pratiquer sa religion. C’est à partir de ce siècle que la « folie » n’est plus jugée par l’ Église.

Au XVIIème siècle, la folie commence à être considérée comme une maladie n’étant pas due au péché, mais comme un trouble pouvant s’expliquer par des observations et un raisonnement déductif . Ce n’est pas pour autant que tout le monde arrête de pourchasser les sorcières et les phénomènes étranges, on dirait même que le phénomène aurait tendance à s’amplifier.

C’est le pouvoir laïc qui prend le rôle des Inquisiteurs Ecclésiastiques. Ce sont les tribunaux civils qui jugent les cas de possessions.

La lutte contre la pauvreté va amener la création de l’Hôpital Général. Le malade mental va y être enfermé et aura par la suite ses propres quartiers d’isolement.

Dès lors, on ne cherche plus seulement à lutter contre la pauvreté, on décide de prendre des mesures efficaces pour assainir complètement le pays, en enfermant tous les indésirables, tous ceux et celles qui représentent un poids mort économique ou un danger social : étrangers, mendiants, vagabonds, larrons, criminels, vénériens, pestiférés, insensés, etc… C’est la politique d’assainissement, de 1656 à 1667.

Et c’est ainsi que l’on commence à distinguer deux sortes de pauvreté :

  • La « bonne », qui accepte la réclusion et la soumission au travail comme des bienfaits, et qui se repent sagement de son délit de pauvreté.
  • La « mauvaise », qui se refuse obstinément à obéir ou à travailler, et qui, de ce fait, n’en mérite que davantage la punition et les châtiments.

Parmi tous ces correctionnaires, se trouvent mêlés d’authentiques malades mentaux, qui, pris au piège de la lutte contre la pauvreté, doivent par obligation se ranger aux côtés de l’illégalité et de l’incapacité au travail.

Pauvres et pauvres d’esprit sont confondus. La folie appartient au monde de la mauvaise pauvreté, elle est aussi considérée comme un délit : l’oisiveté, la paresse, le brigandage, la prostitution, l’homosexualité, le crime, les maladies vénériennes et la folie s’apparentent. Les fautes de la raison s’associent aux fautes de la chair ou aux fautes de droit, et trahissent une déviance sociale, un désordre méritant une nécessaire condamnation.

L’État, impose de corriger celui qui s’est égaré, de le ramener à la raison par la pénitence et la reconnaissance de la faute.

Les « honnêtes gens » sont satisfaits, quant à eux, de constater que l’on se décide enfin à mettre de l’ordre dans ce monde de la misère responsable de l’insécurité, de la crise économique et du chômage…

Les malades mentaux y sont condamnés à mener une existence de prisonniers et à partager avec les autres correctionnaires la peur, les punitions et les privations de toutes sortes. Ce n’est pas dans l’intention de leur prodiguer des soins ou de leur assurer un bien-être, mais simplement pour résoudre un problème de cohabitation.

On s’oriente, peu à peu, vers une meilleure compréhension de la folie, la considérant presque comme une maladie, une pathologie propre à la réalité humaine. Mais paradoxalement, le fou se retrouve, à la fin du siècle, enfermé et traité comme un prisonnier.

Aujourd’hui encore, nos institutions psychiatriques ont beaucoup de mal pour parvenir à concilier le soin et la privation de liberté.

Article proposé par :

Myriam B. et Sonia L.

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