Prisons mentales

Outre les murs physiques de l’univers carcéral, il existe également des prisons mentales qui sont créées par la peur et les menaces. Nous créons nous même cette prison et ses barreaux.

Nous pouvons en retrouver l’exemple dans le film Vol au-dessus d’un nid de coucou de Milos Forman. En effet, les patients ont plusieurs fois l’occasion de partir mais ne le font pas.

[1:11:00] Lors de l’une réunion de groupe à but thérapeutique de Miss Ratched, et après avoir appris qu’il resterait dans l’asile jusqu’à ce que les médecins décident du contraire, Mc Murphy demande des explications à ses camarades, et apprends que certains patients y sont volontairement. Lared s’explique :

« Ecoutez, je suis volontaire ici, je ne suis pas au régime des internés, je n’ai pas à rester ici, je peux rentrer chez moi quand j’en manifeste l’envie ».

On voit à cette réplique que les patients renforcent involontairement leurs prisons mentales : ils vont à l’hôpital psychiatrique dans le but de se soustraire à leur souffrance mais cela provoque l’effet inverse puisque l’aide hospitalière est inexistante.

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Sur cette image, nous pouvons voir une fenêtre ouverte située au centre alors que les autres sont barricadées ; elle montre qu’il peut encore y avoir des échappatoires même pour les internés de force et qu’elles sont à portée de main. La fenêtre donne sur un paysage naturel rappelant les grands espaces Américains qui évoquent l’idée de liberté.

Pourtant personne ne sort !

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Nous pouvons observer le désordre chaotique engendré par une soirée improvisée par Mac Murphy, qui offrit aux patients, le temps d’une nuit, une liberté qui leur est habituellement ôtée par les règles de vie strictes de l’asile.

Au 2nd plan, une bouteille d’alcool est mise en valeur par l’éclairage de la fenêtre, manifestant la dépendance des patients à l’hôpital psychiatrique. A côté de cette bouteille, on distingue la main de Mac Murphy à même le sol.

Au-dessus de lui se trouve la fenêtre qu’il a ouverte, donnant une chance aux patients de s’échapper. Mais ces derniers sont restés, tout comme Mac Murphy, qui est pour les patients la clé de la liberté : il est resté, les autres aussi.

A côté de lui on distingue le « Chef », avec qui il forme un duo : Mac Murphy serait la force mentale, et le « Chef » la force physique.

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Contrairement au cas précédent, ces images montre une libération mentale progressive (le retour de la parole et d’une force mentale puissante) puis physique, ainsi on peut en déduire que Mc Murphy, en mourant, transmet sa force vitale au Chef et lui donne la volonté de partir (plus rien ne l’arrête, il va jusqu’à soulever un bloc de marbre pour quitter sa captivité).

En se libérant de sa prison mentale, le Chef se libère de l’asile. Et ainsi, on le voit, dans le dernier plan, disparaître dans les grands espaces.

La prison mentale est toujours d’actualité. Nous en voyons l’exemple dans la vie quotidienne : La société d’aujourd’hui, qui prône l’uniformisation, nous impose des codes à respecter, sous peine de prendre le risque de ne pas être accepté : minceur, beauté, extraversion en sont des exemples.

La plupart des victimes de cette société sont les jeunes, qui se posent eux-mêmes des barrières mentales afin de se fondre dans la masse.

Les prisons mentales peuvent être aussi dues aux maltraitances (physique ou psychologique) sur un individu. Celui qui subit se sent contraint de ne rien dire, soit par peur d’un mal pire que celui qu’il vit déjà, ou parfois même par amour. Souvent les menaces dirigées contre ces individus renforcent leur prison mentale.

Alors battons-nous pour nous faire respecter et nous imposer tels que nous sommes, et détruisons toutes ces prisons !

une lecture engagée de :

Pauline M. – Hélène G. – Pauline P. et Eugénie P

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